Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!
J ai eu récemment la chance et le plaisir d'être contacté par Monsieur Alain OUDIN. Celui-ci responsable d'une Librairie
Galerie d'art à Paris www.enseigne-des-oudin.com , est l’auteur d’une étude concernant le château de Maulnes. Véritable mine d'or pour tous les amoureux de Maulnes, je vous propose de vous présenter au cours des semaines qui
viennent par l'intermédiaire de plusieurs articles l'ensemble de l'étude d'Alain OUDIN et sa contribution concernant le Château de Maulnes. Voici en guise de préambule la genèse de la
démarche de Monsieur OUDIN.
Synthèse de la contribution d’Alain OUDIN (sur www.enseigne-des-oudin.com) concernant MAULNES. Constat et hypothèses (alainoudin@free.fr) sur les études diligentées actuellement.
C’est initialement choqué que Laurence Carminati ne se soit pas posée la question de savoir avec qui, où et comment Crussol avait préparé les marchés signés le 15 mai 1566 pour engager la
construction de MAULNES, que je me suis investi dans cette démarche.
Alerté par les incohérences chez Ducerceau entre ses planches de plans et ses planches d’élévation, frappé par l’absence de prise en compte sérieuse par les chargés de recherche tant de ces
incohérences, que de celles entre les supposés « relevés » de Ducerceau et les relevés minutieux de la réalisation, éveillé à la précocité probable de l’affaire tant par
l’omniprésence de l’ombre de Serlio sur la cohérence stylistique des trois plans conservés à New-York et de la gravure de Durand, que par le travail d’Alain Noël sur l’exploitation première de
la forêt de MAULNES par le ménage Du Bellay dans les années 1550, il m’est progressivement apparu la probabilité d’une suite d’entités commanditaires, dont le pivot reste Louise de Clermont.
S’est alors mis en place un schéma du chantier en trois phases: projet primitif [Du Bellay ?] abandonné/ projet Crussol en grande partie réalisé/ Louise clôturant le chantier en
« abandonnant » MAULNES; tandis que Ducerceau quittait sa stature de commandeur pour reprendre son rôle réel d’observateur épisodique, encore moins diligent et moins fiable, parce que
bon maquilleur, que les réserves énoncées à son égard ne le prédisait; mais cependant bon archiviste puisque c’est sous son timbre que ces documents nous sont parvenus.
Restait à mettre en cohérence cet apparent désordre de Ducerceau avec ce scénario d’étalement du projet de MAULNES: en fait toutes les planches de plans rendraient compte d’un premier projet
(illustré postérieurement par la coupe-façade sud du logis par Durand), tandis que les « vues à vol d’oiseau » rendraient compte des principes de la réalisation, à ceci prés que les
dispositions finales de Louise veuve paraîtraient volontairement oblitérées
Les documents Ducerceau n’ont pas été décryptés correctement : à savoir que la dichotomie entre « plan général » et « vue à vol d’oiseau » n’a pas été perçue dans toute son étendue, ne permettant pas de reconnaître et d’établir la chronologie pourtant évidente entre deux phases: l’une primitive et non aboutie dont « le plan général » rend compte; l’autre, réalisée, que la « vue à vol d’oiseau » présente. Spécialement les planches des trois plans de niveaux dits « de Ducerceau » ont été mal analysés; oblitérant les différences entre un parti rêvé, systématique et rigoureux, « radical manifeste maniériste » antérieur à un parti plus libre, réalisé et vécu; et ce, quelque soit le délai écoulé entre ces deux phases… et qu’il existe ou NON un projet « Du Bellay ». Ducerceau sauve MAULNES mais en a singulièrement brouillé la compréhension; d’autant qu’il en a éludé l’inachèvement.
Le travail essentiel sur la forêt conduit par Alain Noël à partir de début 2003, publié en décembre 2004 est intervenu trop tard pour faire prendre conscience aux archéologues et historiens que dés 1550-1552 se posait la même situation d’exploitation de la forêt qu’en 1562-1564… la même situation patrimoniale et sociale, renforcée même par l’existence de Henri Du Bellay, jeune fils de François et de Louise; Henri, titré comte de Tonnerre, qui va mourir en 1554, un an après son père; ces deux décès « enterrant » le probable premier projet [par Serlio ? mort aussi en 1554] de reconstruction du château.
La gravure de Durand, disciple de Boullée, hommage en 1800 du « siècle des Lumières », mettant pourtant en évidence ce projet primitif comme «manifeste maniériste» a été lue comme une anecdote et pire même: à contre sens !

Par ailleurs il est assuré que le chantier n’est pas abouti, mais qu’il ne s’arrête pas non plus, à la mort de Crussol durant l’été 1573, mais se poursuit vraisemblabement sous les auspices de Louise, qui décidant « d’abandonner » MAULNES, oriente et clôt le chantier en fonction de cette décision effective à partir de 1575, et lui donne une affectation bourgeoise en y accueillant deux de ses anciens officiers, précisément et paradoxalement au moment de l’achèvement du premier volume « des plus excellents bâtiments de France » de Ducerceau; ouvrage de gravure hissant MAULNES à l’égal des demeures, châteaux et palais prestigieux royaux et princiers; et ce alors que le cercle des architectes de la cour est réduit: Primatice et Delorme les ténors du moment, disparus tous deux en 1570… ou Lescot, Goujon, Bullant… tous dans un perpétuel jeu - réel ou supposé - de succession et/ou de remplacement !
Il est clair que Ducerceau a volontairement éludé la double inconnue de l’achèvement de MAULNES, à savoir les travaux « laissés en plan » et ceux ordonnés par Louise veuve une seconde fois, donnant à MAULNES sa vocation bourgeoise; par exemples, par la fermeture de la galerie supérieure et conséquemment la partition par pan de bois de la grande antichambre Nord de l’étage noble ?
Enfin les documents concernant MAULNES qui nous sont parvenus depuis 1575: plans et cartes, n’ont pas été non plus exploités au plein de leurs potentiels informatifs… la question du positionnement du « Nord » est symptomatique d’une absence de rigueur regrettable… et la détermination du périmètre acquis par le Conseil Général pêche aussi par son étriquement et son désaxement… excluant les périphériques des élévations primitives et toute étude approfondie ou reconstitution de principe du site originel avec sa double enceinte et son talus extérieur protecteur… il y aurait utilité publique à élargir quelque peu l’assise actuelle de MAULNES !