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Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!

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Les rendez-vous de Maulnes Partie IV

-  MAULNES  EN  CONSTRUCTION     1566  -  1573

 

 (Cahiers de MAULNES, Conseil Général de l’Yonne, 6 numéros, 2001-2006 & CHATENET/ HENRION / collectif, Picard, 2004)

 

 

SINOPSYS des TRAVAUX de MAULNES

 

1566 – Signature des marchés de maçonnerie et de charpente du « logis » dans le cadre du projet général. 

 

Entre 1566 et 1570 Premier temps du chantier: La réalisation du logis suivant les plans des marchés de 1566 [toutes façades modifiées par rapport au projet « primitif » en fonction des nouveaux plans du niveau1 et des niveaux 3 et 4 « ouverts » en pointe Nord, incluant les divers niveaux de terrassement du jardin] puis ensuite l’ajout des bains chauds et leur hypocauste au niveau3.

A partir de 1570 Second temps du chantier: construction de l’avant-corps hémicycle, de la galerie et de l’enceinte qui est doublée et talutée pour contribuer à la « fermeture » de MAULNES également opérée par: 1) L’ajout conformément aux plans « primitifs » du « massif Nord » sur la façade achevée suivant les plans de 1566 (Picard,p.115&119) et qui la « referme » à tous les niveaux;

2) Le retrait de la tête de la galerie s’accompagnant de la transformation du porche en vestibule, et de la création du pont-levis à niveau3 entraînant la fermeture de la baie axiale Nord à niveau2; et la pose d’une passerelle démontable à niveau4, entre la galerie supérieure et l’antichambre commune aux 2 chambres;

3) Le supposé approfondissement des douves sèches(Picard,p.114) au niveau2 du jardin, entraînant la fermeture de deux portes à niveau2-3; De fait cette hypothèse est problématique car il y a contradiction entre cet « approfondissement » et « l’ouverture de la baie axiale Nord à niveau2 » antérieurement au pont-levis… Donc ces 2 portes devaient sans doute nécessiter des degrés supplémentaires extérieurs ? Sinon c’est la porte Nord qui nécessitait des degrés extérieurs.

 

Pour mémoire « l’abandon » de MAULNES, après la mort de Crussol en août 1573:

Troisième temps du chantier:

1) Travaux abandonnés dans l’avant-corps hémicycle; aux niveaux 5 & 6 du logis (Pieper1999,p.51); et sur l’enceinte plus ou moins complète ?

2) Travaux à vocation bourgeoise : hypothèse de la fermeture de la galerie supérieure et du partage par pan de bois de l’antichambre Nord à niveau4 qui entraîne l’effondrement de la voûte du vestibule à niveau3 et celui du pan de bois à niveau5 et de la charpente de l’arête Nord (Pieper1999,p.51)

 

Le constat archéologique de MAULNES qui dessine les plans de 1566-73, diffère notablement des gravures publiées et plus encore des dessins retrouvés, attribués à Ducerceau.

Les raisons de ces différences sont multiples. Elles tiennent d’abord aux méthodes de Ducerceau, puis tant à l’histoire de ses commanditaires, qu’au déroulement du chantier et à l’évolution de leurs options pendant celui-ci, jusqu’en 1573, enfin à l’évolution de l’usage de la construction jusqu’à aujourd’hui. Rappelons que le dossier qui nous est parvenu, est constitué de plans primitifs du logis assez éloignés de la réalité construite pour considérer qu’ils sont largement antérieurs [1550 ?] à la vue à vol d’oiseau ou élévation axonométrique générale qui présente à peu-près le logis dans sa réalité avec 5 travées en façade Nord, en contradiction manifeste avec le dossier primitif de plans qui en présente 7.

 

La construction effective de MAULNES, sur la base de ce « projet primitif », s’est faite après plusieurs modifications et mises au point dont on comprend mieux l’ampleur, si on l’explique par le grand délai écoulé depuis le projet primitif [de 1550-53 ?] et le changement d’acteurs de 1566; au moins de l’un d’entre eux: l’époux de Louise, si ce n’est aussi leur conseil – par contre s’il n’y a pas de projet primitif et que toutes ces modifications sont le fait du temps du chantier, cela traduit de grandes difficultés de préparation du projet et de communication entre les acteurs, compréhensibles du fait du périple de la cour; éventuellement une succession rapide d’architectes, soit à la suite d’une remise en cause drastique du concepteur initial après mésentente, soit d’un événement inconnu ! L’hypothèse du projet primitif est plus satisfaisante vis à vis de personnages responsables et brillants !

 

Modifier, mettre au point, c’était justement une nécessité prévue par un marché de maçonnerie à la toise (au métré) qui donne toute latitude d’adaptation, absolument nécessaire dans une situation de sol particulier, et par conséquent des conditions spéciales de fondation. Même si des sondages préalables avaient sans doute été effectués, c’est l’ouverture du chantier et la recherche d’assise des fondations dans un difficile terrain argileux et sourcier, simultanément, sinon au captage, du moins à la canalisation des 3 sources, qui a sans doute permis de finaliser l’implantation, et peut-être même les dimensions définitives; ce qui pourrait expliquer le principe de la différence de cotation de Ducerceau; mais différence très importante ! à moins que ce dernier ait fait une confusion d’unité de mesure, par exemple entre pied royal et pied bourguignon ? (Le pied de France : 32 cm.(Carminati p. 47) et La Perche carrée de Bourgogne(Carminati p.136) sur les dimensions cf.(Picard,p.88,note38)) [Pour les mesures, c’est généralement la toise de Bourgogne de 7 pieds 6 pouces (2,436 m) qui est utilisée. À Tonnerre et à Cruzy la mesure supérieure est la corde de 28 pieds (9,0944 m), car il faudra attendre 1776 pour voir généraliser la perche de 20 pieds (6,496 m) (infos.J-C Adam)].

 

On comprend que cette accumulation de difficultés ait pu motiver la réflexion saugrenue de Monique Chatenet sur « l’idée saugrenue d’installer un château sur une fontaine » !   

A ces difficultés recherchées, s’ajoutent d’autres difficultés subies; d’ordre social et politique: à savoir la succession de terribles troubles interreligieux, ponctués d’apaisements, dont les premiers événements sérieux deviendront la Première guerre de religion entre mars-avril 1562 et mars 1563, du temps de la minorité de Charles IX et d’un certain affaiblissement du pouvoir central; troubles que l’on pouvait croire se calmer, mais qui se multiplient et s’amplifient au cours du chantier; troubles qui seront en définitive fatals à Antoine de Crussol puisqu’il mourra des suites d’une maladie contractée au siège de la Rochelle; de plus MAULNES est dans une situation géographique particulière: au centre et à proximité de Tanlay et Quincy, Noyers, Chatillon-Coligny, Vallery, fiefs des chefs réformés « révolutionnaires » Coligny et Condé; enfin la situation personnelle de Crussol et de Louise de Clermont réformés également mais fidèles à la cour, et de son premier cercle, lui comme « chevalier d’honneur », elle comme confidente de la reine, rend à leurs yeux ce couple « traître » à la cause de la Réforme et donc ennemi ! Cette accumulation explosive, Monique Chatenet ne semble pas l’avoir correctement perçu, quand elle s’interroge plusieurs fois sur la raison de la « fermeture » de MAULNES. Ce sont donc d’abord et sans doute, ces conditions d’insécurité qui motivent la décision de renforcer la fermeture du logis qui présentait un éperon Nord fragilisé par de nombreuses et larges ouvertures à différents niveaux face à l’accès; toutes ces précautions sont de l’ordre de la défense, même si on peut estimer que les considérations esthétiques de la composition de cette façade aient pu s’ajouter aussi puisque cette disposition d’accès plein Nord, combine exceptionnellement deux façades en une seule. Mais en définitive cette « fermeture » et l’adjonction d’une seconde enceinte talutée, créant un fossé à rez-de-sol entre ses deux escarpes, fera-t-elle de cette maison vraiment isolée au milieu de la forêt, une forteresse, au sens plein du terme ? On a bien vu qu’on ne peut accorder aucune confiance à Ducerceau et sur cette question précise de « la fortification » de MAULNES, l’état inchangé du portail principal ajouté à l’absence de passage dans la seconde enceinte sur les « vues à vol d’oiseau » en sont encore une preuve supplémentaire ! Les troubles se poursuivant, Crussol, vivant, n’aurait sûrement pas suivi les indications fantaisistes de Ducerceau(Picard,p.87,fig41)… que d’autres ont pris au pied de la lettre !

 

Ces modifications principales du projet de 1566 par rapport au projet « primitif » concernent:

- 1) au niveau1 l’ajustement des fondations au système « sourcier » et à la nature de sol;

- 2) le nymphée ou piscine intérieure-extérieure;

- 3) le bain-étuve au niveau3

- 4) la façade Nord « fermée » avec ses implications à tous niveaux et la liaison avec la galerie;

- 5) les avant-corps dont la charpente et les baies supérieures évoluent manifestement dans le temps; et les lucarnes disparues ! la galerie et les fortins de l’enceinte

 

- 1) fondations et captages

 

Ainsi il est vraisemblable que la profondeur finale des fondations et des captages, peut-être un peu plus importante que prévue - moins 7 mètres - ait conduit à un ajustement des caves après les deux repentirs et tâtonnements de hauteur relevés sur les voûtes à niveau1; que cette situation ait par ailleurs aussi conduit au dédoublement du niveau2 rendu indispensable compte tenu de la disposition de l’escalier qui donne accès au Nord à mi-niveau par un palier très étroit, à un vestibule polyèdre ouvert sur l’extérieur en pointe Nord; palier depuis lequel, montant au niveau3, ou descendant au niveau1, on ne peut donc pas passer en face Sud, aux 3 pièces situées au dessus du nymphée; d’où leur double desserte: soit en remontant depuis le vestibule du nymphée ce qui est un accès particulier, rapide et noble; soit en descendant par les escaliers de service des tourelles Sud; c’est aussi cette disposition particulière qui permet éclairage et aération latérales du cœur du bâtiment, dès ce plus bas niveau. Noter comme l’a déterminé Jan Pieper, que cet éclairage est orienté au levant au solstice d’hiver, au couchant aux équinoxes. Ces dispositions d’accès aux trois pièces Sud du niveau2 restent actuelles et caractérisent la complexité et la virtuosité de la réalisation (en réponse aux questions de Paul Barnoud(cah5,p.24&57)). Le repentir par enfoncement du niveau altimétrique du jardin(Picard,p.83) serait une erreur d’analyse parce que contradictoire avec l’ouverture « primitive » de service Nord à niveau2(Picard,p.116,fig87&88) et malgré les issues ouvertes et rebouchées(Picard,p.112-113,incohérence entre les fig.79&81 ?) dans les tourelles Nord-est et Nord-Ouest qui devaient nécessiter des degrés extérieurs complémentaires, et dont le motif de fermeture comme celle du niveau2 Nord conséquente au pont-levis du niveau3, serait de renforcer la défense.

Concernant le long développement des aspects hydrauliques du mur de soutènement(Pieper1999,p.40) on retiendra que Pieper pose le principe d’un drainage qui paraît essentiel dans une configuration de terrain reconstitué(Picard,p.157,note84)

Dans l’hypothèse où les cuisines auraient pu se situer au niveau1Nord, compte tenu de l’eau courante, il reste la question des cheminées inexistantes !?

 

- 2) le nymphée ou bassin intérieur-extérieur des bains

 

Dessiné au plan de niveau1, il n’est pas conforme à la réalisation qui opère un basculement Nord-Sud de l’axe principal du nymphée – l’eau courant du dedans au dehors - qui a entraîné les modifications de façade Sud conséquentes à cette mise au point des substructions, tout en conservant le principe de 3 travées de baies axées mais dont permutent les variations de largeur, et se dilatent les axes dans la façade. Cette baie centrale entourée de deux niches s’approche d’un exemple de composition consignée par Serlio dans son Quatrième livre, publié à Venise en 1537. Ce qui apparaît au plan primitif comme une architecture de thermes un peu idéale et symptomatique d’une représentation survalorisée à l’échelle incertaine, est devenue, réduite d’un quart et réorientée, une réalité plutôt prosaïque avec un bain au Sud et des caves traditionnelles enterrées au Nord, d’usage domestique contemporain ! Poursuivons les hypothèses: ce bassin envisagé comme une piscine (accessible par des échelons mobiles) est entouré de deux annexes latérales, donnant dehors, également orientées plein Sud, dont les seuils vers leurs escaliers de service respectifs sont constitués de caillebotis de bois ou de paillassons propres à se sécher et éviter des glissades mortelles dans les escaliers de pierre.

 

- 3) la façade du bain-étuve ouvert à l’est

 

Autre manifestation maniériste: les deux petites pièces du niveau3, initialement pentagonales, deviennent triangulaires-outrepassés, et se distinguent ainsi de leurs homologues du niveau4… c’est celle de l’est qui est aménagée en cuve à bains ! Quoique dissymétrique de la façade Ouest elle ne présente pas de repentir; ce caractère qui semble être passé inaperçu jusqu’à maintenant, prouve que cette installation date « du temps du chantier » avant même le massif Nord, qui sera littéralement collé à la première façade achevée. D’autre part, sur ces façades latérales, la présence de grilles hors œuvre sur les fenêtres du troisième niveau date-t-elle de 1566-73 ou est-elle postérieure ?

 

- 4.1) la façade Nord

 

Le massif Nord qui avait été une option envisagée dés le « projet primitif », ne fut pas réalisé immédiatement, comme l’analyse archéologique l’a montré et qui fait état d’une première réalisation « ouverte » en pointe Nord sur 3 niveaux (2,3 et 4).

Le massif Nord est-il originellement [en 1550 ?] une option esthétique – 5 pointes : 5 massifs - avec pour conséquence la solution de continuité, c'est-à-dire la césure, entre galerie et logis ? Ou est-ce une option de 1562-63, plus tardive, du moment ou des suites immédiates de la Première guerre de religion, le moment où Antoine de Crussol fait aveu de fidélité à Charles IX et à Catherine de Médicis, ce qui a pu assez rapidement entraîner la décision de son élévation à la dignité ducale et de la part des Crussol, la décision de construire une nouvelle résidence; mais la longue accalmie - espérée définitive - qui a suivi cette période troublée, a pu entraîner l’option plus confortable de la continuité galerie/logis et le remaniement du plan du logis; enfin lorsque de septembre 1567 à mars 1568, reprend et se poursuit la Seconde guerre de religion - MAULNES en plein chantier après presque deux ans de travaux – est-il décidé par les Crussol de revenir au logis « fermé » par le repentir consistant à construire ce massif qui « occulte » la faille Nord, et à reculer la galerie ? Qu’en est-il aussi de l’enceinte dans ces circonstances ? Est-elle prévue double dés 1566, ou renforcée dans les mêmes cirçonstances  ?

 maulnes-4-1550-1573.jpg

L’abandon du massif Nord, au plan de 1566, permettait la continuité entre galerie et logis, formule bien plus confortable ! Cette continuité présentait beaucoup d’avantages tant formels que fonctionnels: formellement la galerie tenait lieu et fonction de massif Nord, certes d’un autre type, extensif, en comparaison du modèle bloquant chacun des autres angles du pentagone. Fonctionnellement la galerie basse était une sorte de long porche à claire-voie se prolongeant à l’intérieur même du logis; et la galerie haute, un salon-promenade contribuant aux appartements principaux du niveau noble, éventuellement un autre schéma d’accès aux 4 pièces principales du logis; 4 pièces suite à la conviction de l’existence d’une unique pièce centrale polyédrique, entre les deux chambres et la galerie, à l’échelle des autres pièces principales de l’étage noble. Cette continuité de la galerie au logis créait les conditions d’une perception alternative et non globale des deux façades Nord du logis, qui suivant le plan dessiné « primitif » étaient parfaitement identiques entre elles mais aussi et surtout aux trois autres, en plan comme en élévation !

 

Au contraire le recul de la tête de la galerie a eu deux conséquences: d’une part il a favorisé la perception globale des deux façades Nord, ce qui a d’autant validé leur refonte en une seule composition, passant de 7 baies à 5; refonte motivée principalement par une autre raison plus générale, à savoir une meilleure adéquation générale entre plans, façades, et extérieurs; d’autre part ce recul créant la solution de continuité, qui se justifiait pour des raisons défensives, créait-il aussi et paradoxalement, en dégarnissant l’éperon Nord, une certaine fragilité de cet éperon largement ouvert face à l’accès et à l’esplanade le bordant. D’où dans un temps ultérieur et final, sans doute concomitant à la construction de la galerie vers 1568-70 la décision de revenir à cette première option du cinquième massif fortifiant l’entrée du logis: les événements replaceront la défense comme objectif prioritaire; en effet l’hypothèse posée par l’archéologue Fabrice Henrion serait que la continuité entre galerie et logis a été abandonnée au profit d’une césure défensive et d’un recul de la tête de la galerie permettant l’installation de passerelles éventuellement destructibles en cas de nécessité, comme semble le prouver la gravure de Silvestre présentant ces deux boulins carrés à hauteur intermédiaire, niveau4, en façade Sud de la galerie(Infra,p.24).

 

Donc la façade Nord de Ducerceau se présente en quasi-conformité avec la réalité, puisque passée de 7 à 5 travées de baies avec les modifications conséquentes aux plans du vestibule et des étages… (erreur cependant sur le niveau3: baies inversées dont meurtrière largement surdimensionnée). Ces nouvelles dispositions de la façade d’entrée peuvent tenir d’abord à des considérations esthétiques et pratiques, au vu sur les plans primitifs, du positionnement malheureux dans les volumes, des baies axiales des deux façades Nord; ensuite très clairement avec l’adjonction du massif Nord sont-elles motivées par des considérations de sécurité, qui justifieraient [d’une part l’abaissement du plan du jardin ? hypothèse contestable !] et d’autre part la fermeture de toutes les issues du logis, sauf au Sud doublement encaissé; peut-être en partie, ces dispositions étaient-elles déjà intégrées aux plans du marché ?… ce qui n’est pas contradictoire avec les repentirs observés au niveau3, dans les deux petits cabinets circulaires: repentirs qui concernent le détail de leurs baies d’accès intérieur et l’axe, la forme et l’ampleur de leurs baies extérieures qui se réduiront finalement à des meurtrières compte tenu de la proximité de l’entrée; c’est en effet une autre conséquence de l’abandon d’une travée de baie sur chacune de ces façades Nord qui apparaît dans l’hésitation sur le positionnement du second axe d’ouverture; considération qui infirmerait le jugement de Monique Chatenet sur le peu de soin apporté aux façades!

 

- 4.2) Porche ou vestibule principal au niveau3

 

Tel qu’il apparaît aux « plans primitifs » le vestibule est petit et ovale, avec des ramifications manièristes. Puis en 1566 il sera simplifié et agrandi à la suite de l’abandon d’une travée de baie sur chacune des façades Nord, et transformé en porche comme le prouve aussi l’observation de Fabrice Henrion: la mouluration de la porte ouvrant sur le large palier d’escalier à niveau haut3 est de même nature que la mouluration des fenêtres. Mais cette option de porche entraînera la mise au point d’un passage de liaison en entresol entre les deux offices - ou chambres d’été ? - voûtés, précisément pour court-circuiter ce porche « extérieur ». Enfin vers 1568-70, ce porche redeviendra vestibule par l’adjonction du massif Nord de maçonnerie. Ce massif renforce aussi l’éperon apparemment fragile face à la galerie et aux terrasses d’accès. Un pont-levis [?] et/ou un vantail contrôlent l’accès au vestibule depuis la galerie ouverte du rez-de-chaussée dont l’extrémité sera reculée par rapport à la construction originelle. Par ailleurs un détail sur le plan de niveau3 (quelle source ?) – semble-t-il passé inaperçu jusqu’à maintenant – montre une variante de fermeture en attente de décision ? Si besoin, ce détail de variante à l’étude(picard,p.89) prouve la communication d’un document original primitif, à contrario du relevé d’œuvre ! Finalement c’est une 3° solution qui sera retenue et réalisée, généralisant à l’intérieur comme à l’extérieur la même forme concave du mur existant au fond du vestibule.

- Le passage transversal, glissé en entresol des accès noble et de service et ayant sur eux, vue et ouïe, relie les deux salles voûtés à niveau3 qui encadrent le porche originel « ouvert » [dont le schéma est curieusement proche de celui de Bullant à Fére-en-Tardenois] porche finalement transformé en vestibule « fermé » qui rendra ce passage à peu prés superflu !

 

- 4.3) Le raccordement de la galerie au logis

 

Le raccordement de la galerie au logis est constitutif de la façade Nord; en effet l’hypothèse probable de la liaison projetée en 1566 était la totale continuité entre la galerie et le logis aux niveaux3 & 4 et c’est la décision de séparation et de fermeture pour raison défensive qui va amener une formule de passerelles éphémères.

Mais les dessins "vue à vol d'oiseau" conservés à Londres et les gravures de Ducerceau malgré l'accumulation de leurs erreurs et de leurs incohérences le laissent deviner; quoique très difficilement; car il y faut l’aide et la confirmation de l’analyse archéologique démontrant ce caractère majeur du projet de 1566: à savoir la continuité de volume, notamment entre la galerie-vestibule et le logis. En cela MAULNES se rapprochait de la Villa Barbaro.

 

- 4.4) Cheminées et « fermeture » Nord au niveau4

 

En fait deux cheminées ont été crées, face aux nouvelles fenêtres, entraînant la disparition du cloisonnement pour créer une vaste anti-chambre en charnière de la galerie noble et des deux chambres principales adjacentes. Notons que deux cheminées symétriques dans le même vestibule, c’est un maniérisme de composition propre à l’époque, liée aussi à la configuration précise des lieux c’est à dire les deux faces de la pointe Nord du pentagone de l’escalier central; mais ce n’est pas un cas unique (Cf. Chambord)! Notons enfin que la baie axiale du niveau4 a été réduite notablement en largeur lors de l’adjonction du massif Nord.

 

- 4.5) Cloisonnements de refend des 3 pièces principales Nord aux niveaux 4 & 5

 

Ils apparaissent comme objet d’indécision concernant leur positionnement, leur épaisseur, leur nécessité même ? Par contre la décision de passer d’une poutraison à la française, prévue au marché, à une poutraison maniériste, décrite par Ducerceau, et dont les preuves ont été trouvées, rendait indispensable la construction de ces épais murs de refend au niveau4 et logiquement au niveau5.

 

- 4.6) Cheminées, Pans de Bois et « fermeture » Nord au niveau5

 

Il est noté par Fabrice Henrion, une gémination du jour axial Nord. N’est-ce-pas le témoignage d’une tête de cloison ménageant une aération, plus qu’un jour, pour chacune des deux pièces séparées par une cloison continue depuis l’escalier jusqu’au massif Nord ? et non scindée en patte d’oie pour une raison qui n’apparaît pas, sauf à reposer sur celle de l’étage inférieur, toutes deux construites au même moment, et/ou pour créer éventuellement des sanitaires dits à l’époque « lieux d’aisance », après la mort de Crussol ? Là aussi existent des cheminées sans doute non prévues au projet primitif, qui constituent en couronnement, le massif Nord qui manquerait à la composition générale s’il n’existait pas! Il est possible aussi que ce massif Nord de couronnement ait été prévu initialement, mais vide d’usage, et donc propice à la construction de ces 4 cheminées supplémentaires dans l’antichambre/vestibule du niveau4 et les arrière-chambres/garde-robes du niveau5. Pierre du Colombier fait-il un lapsus évoquant quatre pyramides ?(Cah2,p.8)

 

- La partition du volume Sud du niveau5

 

Pour mémoire la partition au niveau5 du grand volume Sud en 2 chambres, suivant l’hypothèse de Fabrice Henrion, succombant au syndrome de la « patte d’oie », est vraiment sujette à caution. Il faudrait lui préférer une cloison en baïonnette, constituant deux cabinets dont l’un est doté d’une fenêtre; ou l’une des deux chambres avec deux baies !

 

- 5) Les avant-corps et la galerie – L’enceinte et les fortins.

 

Plus tard, à partir de 1570, dans le temps où Louise de Clermont commande ses tentures, le chantier se poursuit par l’enceinte et ses fortins, la poursuite du terrassement du jardin… et la construction des avant-corps, de leurs basses-cours latérales closes qui créent aussi « des points de vue privilégiés »(Barnoud,cah5,p.12) et enfin de la galerie… Toutes constructions qui ont été plus ou moins achevées ou aménagées, et qui laissent encore beaucoup de questions en suspens:

 

- 5.1) Charpente et couverture

 

- Les Avant-corps présentent suffisamment de reliquats de petits bois à la Philibert Delorme, pour affirmer la présence originelle d’une telle charpente qui apparaît dans presque tous les chantiers de Delorme: Limours, Anet, La Muette, Montceaux, Montmartre, Beynes, etc... Le faîtage des avant-corps [et de la galerie ?], tel qu’il subsistait encore récemment avec une pente de toit proche de 60°, règne à 11,40 mètres, précisément avec le larmier de la corniche générale du logis. La coupe schématique de Jan Pieper(1999,p.19) malgré son caractère sommaire, confirme cette hauteur… [rapprochement que ne fait nulle part la publication Picard !?] Or cette pente de couverture contemporaine, culminant à la cote +/- 329,40 est moindre que les 72° de « charpente Delorme » déterminés par Bruno Decaris reconstituant cette charpente à partir des éléments retrouvés en place ou en réemploi(Picard,p.246,note65:Decaris,2001) qui culminerait alors à la cote 335, soit un faîtage à 17 mètres par rapport au sol de la cour d’honneur, à la cote 318; alors que la publication Picard présente deux fois(pages 163 et 249) - par perversité ? - une formule proche de 45°. Cette cote 335 est exactement celle du solin de la couverture originale du logis sur le massif Nord des cheminées(Pieper1999,p.30). Curieusement cet angle très important paraît plus proche de la première renaissance (Boccador, Fontaine-Henry, Chenonceau, Château de Madrid) que de la seconde !?... à 72°, il est aussi complémentaire de 108°, angle constructif du pentagone !? Est-ce hasard ? Est-ce cohérence ? Est-ce confusion … ? Autant dire que la galerie supérieure [le galetas sous combles de Ducerceau !] était importante, culminant, pour une largeur hors œuvre de 6,66 m., à 15,80 m. au dessus du sol - cote 318. Il faut noter que la publication de la charpente du château de Limours(Delorme,fol24.Potié,p.152) présente une double structure avec un profil débutant à 65°, puis s’incurvant pour un faîtage résultant à 53° ! ? D’où une hauteur de faîtage affranchie de l’angle au sommier de la charpente !

 

Au même propos, Fabrice Henrion évoque l’observation du biais que prennent les cerces de la charpente Delorme pour rattraper entre les deux corps de bâtiment une différence de hauteur de faîtage ? [due plutôt à une différence réelle de largeur: 7,40m. pour l’avant-corps en hémicycle, qui culmine à 17m., pour la même pente de 72°] Galerie et avant-corps présentent-ils une différence de faîtage chez Ducerceau ?… Le quel des deux volumes est plus bas ? de quelle hauteur ? Or on voit chez Rodhegiero le vaisseau de « la galerie noble Delorme » se poursuivre sous la couverture rayonnante des avant-corps; pénétration sans doute justifiée par l’étroitesse relative de la galerie: 4,5 à 5m. vis à vis des avant-corps: 6m.. De plus on voit clairement la forme trapézoïdale du vestibule; d’où la nécessité pour garder une hauteur constante de voûte dans la galerie malgré son rétrécissement, de jouer avec le tracé des cerces: c’est sans doute le biais évoqué par Henrion ! ?

Des deux auteurs, lequel a raison ?

Le second: Rodhegiero, bien qu’imparfaitement justifié, puisque indécis concernant Delorme !

Y-a-t-il un fronton ou une lucarne couronnant la travée d’entrée, marquant l’axe comme à l’extrémité Sud, face au logis; un fronton qui ferme, ou une lucarne qui prolonge le vaisseau de couverture de la galerie ? Ou bien la couverture des avant-corps coiffe-t-elle le plein-cintre de la galerie en dessinant une forme d’abside intérieure, éventuellement prolongée par l’ouverture d’une lucarne axiale. Ducerceau n’a apparemment rien tracé, ni lucarne, ni fronton ! Que subsiste-t-il comme témoignage sur la panne sablière du vestibule de la galerie en façade Nord ?

- Le ressaut dit abandonné par Fabrice Henrion, en chaînage supérieur des murs des avant-corps, apparu après la chute du refend-pignon Nord-Ouest, est vraisemblablement un autre témoignage de la charpente Delorme ? En effet la reproduction mitoyenne de son principe – placé là par un heureux hasard ? - montre bien un mur gouttereau surélevé par rapport à la poutre sablière, et couvert par le coyau. Face à une hypothèse suggérée - mais pourquoi non formulée ? - il serait profitable, pour argumenter une réponse de rapprocher ces deux niveaux de sablière du niveau de la sablière Delorme subsistante, notamment en vestibule central !

- En outre les photographies de la face est du refend-pignon du vestibule, témoigneraient d’un exaucement des rives et du faîtage(Picard,p.153,158) Est-ce illusion ?

- Enfin la contribution de Benedetta Rodhegiero à la publication Picard, sous le titre Charpente des communs n’est pas satisfaisante: elle se veut très descriptive et approfondie techniquement, s’avérant finalement être un guide-lexique du compagnon-charpentier. Malheureusement elle ne propose qu’un plan sommaire, sans coupe, sans distinguer clairement ni dans son texte, ni dans sa synthèse, ce qui relève de la charpente primitive Delorme qui a existé un siècle - [dessinée sans notation explicite dans le vestibule de la galerie avec une invraisemblance de cotation(cf.errata)] - de ce qui relève de la charpente traditionnelle qui lui succède et qui est d’un relatif intérêt, parce que hyper-classique… En fait Rodhegiero balance curieusement entre l’affirmation de la charpente Delorme entièrement construite et mise en place… l’affirmation de la reconstruction [?] de la charpente Delorme de l’architecte Bruno Decaris 2001, et un doute profond exprimé ainsi: Cependant la charpente Delorme montée seulement en partie ou encore: Si l’hypothèse de l’existence d’une charpente d’origine à la Philibert Delorme était confirmée… doute contredit par bien plus d’une douzaine de citations d’existence d’éléments précis de charpente Delorme ! ? Quelle phrase croire à quelques lignes d’intervalle ? Quelle articulation de raisonnement justifie cette contradiction ?  Quel est le propos des atermoiements de B. Rodhegiero et de la direction scientifique de la publication Picard concernant la charpente Delorme ? Serait ce une résistance à la suggestion de remonter la charpente Delorme, tout ou partie ? Y a-t-il une charpente Delorme encore visible quelque part en Europe ? Dans le cas de reconstruction, à quel coût ? quel en serait l’impact scientifique et populaire ? Voilà les questions.

 

- 5.2) Baies des avant-corps et de la galerie

 

Cette hypothétique différence de niveau de faîtage entre avant-corps et galerie serait-elle aussi la conséquence de différence du nombre de planchers ? 2 niveaux de galeries mais 3 niveaux de planchers dans les avant-corps, dont un entresol [cher à Serlio] ?

Les ailes des avant-corps comporteraient-elles réellement 3 niveaux comme l’énonce Monique Chatenet (Picard,p.94) ou bien y a-t-il eu une modification de la hauteur sous combles ou sous plafonds, ou encore comme l’énonce Fabrice Henrion, une modification de la position des lucarnes ? ce qui serait à rapprocher de l’apparente dualité de baies, au dessus des arcades plein-cintre des deux dernières travées Nord-Ouest des avant-corps, dont l’une, la plus proche du mur de refend-pignon écroulé en 1999, était le passage cocher vers la basse-cour latérale Nord-Ouest.

 

C’est donc aussi le positionnement en hauteur des baies rectangulaires qui est en question, dont il semble subsister deux schémas d’organisation, dont l’un a été reproduit par Ducerceau ? Manifestement la « coordination de l’ouvrage Picard » elle-même, pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses !

- Le nombre d’assises en pied-droit des arcades est également en question, soit de 6 assises½(Picard,p.178) ? soit de 4 assises(Picard,p.186) ? En fait la structure des arcades des avant-corps et de la galerie est constituée d’assises de pierre taillée, chaque assise présentant un double lit apparent de bossage. Mais le pied-droit – partie verticale au sens strict – est constitué de 13 lits apparents, c’est à dire 6 assises ½ sur solin (0 ,40 m.) pour les 7 baies courantes (ht.3,60+0,40 m. x lg.2,00 m.) y compris celle du vestibule de la galerie dans l’axe de la composition, devenue passage cocher au cours de l’évolution de MAULNES, tandis que les deux passages vers les basse-cours sont plus importants: leurs pied-droits sont constitués de 7 assises ½ à quoi s’ajoute le solin d’environ 0,40 m. (ht.4,00+0,40 m. x lg. 2,40 m.).

 

- Il reste que l’analyse du jardin par MM. Büttner et Henrion témoigne d’un changement de terminologie; par rapport à l’ensemble de l’ouvrage traitant de l’archéologie de MAULNES; le jardin est-il bien juste cette partie carrée décaissée à la cote moyenne 314, y compris ses deux exèdres dont le soutènement ? et l’enceinte, l’ensemble rectangulaire constitué d’un double mur faisant fossé, mur doublé extérieurement d’un talus ? il manque des croquis qui lèveraient des ambiguïtés de termes entre « exèdre » et « hémicycle »  entre « mur de clôture du jardin » et « douve sèche » et « édification des douves » dits par Ducerceau « fossés » !

 

- Subsiste aussi la question des écuries et des chenils dont il n’y a pas de mention explicite, ni de volumes pour les accueillir, sur le plan de Londres, contrairement au plan « primitif » de N-Y.(infra.p.14) . Seuls deux enclos, sans couverture, derrière les pavillons principaux des avant-corps, présentent un reliquat utilisable, à usage éventuel de bûchers, plutôt que de chenils, dont l’éloignement relatif serait une raison supplémentaire de confort ! Est-ce dans des bâtiments pré-existants et conservés qu’il faut trouver les écuries ? - Oui, une « muette » sorte de chenil hors enceinte, dans la forêt et depuis 1548-50, une centaine de chevaux dans des volumes pré-existants du château-vieux !

- Enfin certaines observations de Laurence Carminati appellent des mises au point:

En mai 1565, l’élévation de Crussol à la dignité de duc d’Uzès par lettres patentes du roi Charles IX, assure de nouveaux et conséquents revenus. Un an passe et l’idée de Maulnes voit le jour: le 7 mai 1566, il passe les marchés de charpente et de maçonnerie … les travaux de charpente sont conclus à prix fait, le marché de maçonnerie à la toise. Ici, avec « Un an passe et l’idée de Maulnes voit le jour » Laurence Carminati outre-poètise en passant sous silence tout le travail préalable à la signature des marchés !

Quand, où, avec qui, se fait tout le travail préalable à la signature des marchés ?

Elle poursuit: Les bastions sont enfouis… Non rasés…

- Le soutènement, le pont-galerie enfouis… Oui [si réalisés ! ?] mais semblent n’avoir été qu’entamés.

- l’ensemble clos de fossés bastionnés… : formulation ambiguë ! les fossés ne sont pas creusés [erreur observée aussi sur la gravure de Durand] mais créés entre deux murs parallèles construits à niveau de sol naturel; comme Ducerceau – sauf s’il se trompe - le montre dans ses deux vues à « vol d’oiseau ».

 

- 5.3) Hypothèse de restauration de la galerie et des avant-corps

 

Sans ambiguïté pourrait-on poser le principe, qu’au delà de la reconstitution virtuelle de la charpente Delorme sur l’ensemble des avant-corps et de la galerie, il serait bienvenu de « restituer » une partie de la galerie, notamment sa « tête » face au massif Nord du logis dans son [un ?] état primitif du XVIème siècle ? De même un « écran » reconstituant la « scénographie » primitive de l’articulation visuelle des avant-corps et du logis semble opportun !  Evidemment on aborde là aux rives très sensibles de la philosophie de la restauration ! D’où l’intérêt du virtuel, pour faire bon ménage entre l’art et les contingences du pouvoir !

 

Il est regrettable que l’étude archéologique de MAULNES ne réponde encore à aucune de ces nombreuses questions concernant les avant-corps et ne présente sur une coupe en regard ou prolongement des coupes existantes du logis, les hauteurs de planchers et de baies, les plans de naissance et de faîtage y compris leurs corps de cheminées, des différents types de charpente, modèle Delorme, puis modèle traditionnel, avec l’articulation précise des volumes des avant-corps et de la galerie, prenant en compte leurs différences de largeur comme de couverture&nb

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