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Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!

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Les rendez-vous de Maulnes: Partie V

V. ABANDON  DE  MAULNES  PAR  LOUISE,  VEUVE     (1573-1575)

 

 

La disparition de Crussol induit évidemment une nouvelle séquence de travaux, mais dans une orientation de renoncement; ce sera la séquence finale de travaux ou « troisième temps du chantier ». Quelles sont les dispositions de MAULNES et de son environnement forestier immédiat, quelques années après le second veuvage de Louise quand elle « l’abandonne » et y renonce ? Plus ou moins simultanément à la publication de Ducerceau en 1576, qui pour partie s’avérera doublement fictive ! Quels travaux sont suspendus et réorientés pour clore définitivement le chantier initial ? Quels témoignages et informations subsisteraient de l’état final de cette dernière phase (1573-1575) dans les documents postérieurs: gravures, cartes et plans ? La gravure de Silvestre de 1650 et certaines cartes comme celle de la forêt de 1787 et de la verrerie de 1831 paraissent spécialement intéressantes ! 

 

Dans cette nouvelle situation, Louise réoriente l’inachevé en le simplifiant [par exemple les parties supérieures du logis, comme la lanterne et les cheminées, seraient finies conformément à la gravure de Silvestre ? ou encore les basse-cours, l’enceinte [ ?] et le soutènement « laissés en plan » (expression appropriée) suivant le constat archéologique ?] comme vraisemblablement elle modifie l’achevé [par exemple à l’étage noble la grande antichambre Nord serait coupée en deux par un pan de bois et dissociée de la galerie ?] pour adapter MAULNES à son délaissement - sinon son abandon - vers 1575-76, avant que son petit neveu Charles-Henri de Clermont, propriétaire d’Ancy-Le-Franc, n’en hérite à sa mort, 20 ans après, en 1596; héritier qui deviendra à son tour, comte de Tonnerre en 1603; et ce n’est qu’en 1650 que MAULNES sera à nouveau occupé par son second fils Roger.

 

- L’analyse archéologique montre clairement l’abandon de travaux; notamment les chassis de menuiserie non montées sur les arcades de l’avant-corps; l’abandon au Nord-Ouest de l’esplanade du mur-écran qui clôt la basse-cour latérale; les niches de soutènement commencées à l’est [jusqu’où ?] et laissées en plan à l’Ouest, les caves à niveau1 et les niveaux 5 et 6 du logis jamais achevés d’après Jan Pieper …

 

- 5.1) Dans quelle mesure l’analyse archéologique témoigne-t-elle encore de 1575 ?

 

Elle apporte des hypothèses de preuve de la pose des pans de bois en pointe Nord, à niveau4, entre 1573 et 1575: Jan Pieper a observé des « désordres dans la voûte du vestibule à niveau3, dus à la surcharge des pans de bois du niveau4, entraînant également un affaissement de la charpente »(Pieper1999,p.30). L’examen de ce relevé de coupe établi par Jan Pieper, fait supputer que c’est la surcharge en poinçonnement sur la voûte du vestibule, du pan de bois en patte d’oie du cabinet Nord à niveau4 qui est la source des troubles; preuve que la séparation axiale n’était pas prévue non plus, puisqu’elle entraînait de fait ce cabinet exigu à la place de l’ancien passage vers la galerie supérieure. Venant corroborer cette constatation, on voit le même désordre important sur une photographie de la cheminée à niveau4(Picard,p.134,fig131) symétrique du croquis de Jan Pieper de la reprise de plancher à niveau5(Pieper1999,p.51). Cette accumulation de troubles ne fait qu’argumenter encore un peu mieux la conviction que ces galandages, prétendument adaptés à la fragilité de la voûte du vestibule, n’étaient justement pas prévus originellement, et auraient été rajoutés imprudemment après août 1973 par Louise, en phase finale de chantier ?

 

Cependant plusieurs questions restent posées :

1) Comment se fait-il que la publication Picard ne mentionne rien au sujet de ces désordres ? Est-ce à cause de la mention de « pans de bois » au marché ? lesquels devaient exister dans tous les cas aux niveaux5&6 !

2) Quand le trouble sur le pan de bois du niveau5 est-il intervenu ? Par hypothèse le pan de bois prévu à niveau5 est antérieur à celui qui est rajouté au niveau4, mais soit rendus solidaires par la construction, c’est toute « l’arête Nord » qui ploie ? soit le niveau5 n’étant pas encore réalisé en 1573, le pan de bois du niveau4 est construit d’abord, auquel s’ajoute ensuite celui du niveau 5, et l’ensemble poinçonne la voûte… chronologie des travaux justifiée par l’état des cheminées du massif Nord :

2) Qu’en est-il des conduits de fumée du niveau4 ? Ont-ils été reconstruits ? Car les cheminées à niveau5 paraissant d’aplomb, cela confirmerait qu’elles n’ont été construites ou reconstruites, qu’une fois l’ensemble stabilisé; par conséquent que les désordres seraient dus à la surcharge du pan de bois du niveau5 posé solidairement sur le pan de bois du niveau4, construit d’abord, mais imprudemment rajouté pour modifier l’organisation de ces seuls appartements achevés et habitables; hypothèse corroborée par Jan Pieper qui observe et suppose d’abord que les niveaux 5 et 6 ne furent jamais achevés, et ensuite que ces troubles de poinçonnement et leurs réparations ont perduré à travers les siècles(Pieper1999,p.51) !

 

L’organisation et l’usage du niveau4 Nord est sujet à controverse : Jan Pieper a observé les traces de deux baies entre le « cabinet » en reliquat Nord donnant d’après lui, accès au « balcon d’honneur », et les deux arrière-chambres symétriques à niveau4 auxquelles il donne d’ailleurs la vocation de chambres. Il est alors assez paradoxal de penser que l’accès au balcon d’honneur où apparaît le maître de maison, duc d’Uzès, ne serait autre que son cabinet d’aisance (Pieper1999,p.23,39,50) D’ailleurs la notion de « balcon d’honneur » n’existait même pas dans le contexte de la galerie supérieure donnant accès à l’antichambre commune du niveau noble ! De fait, c’est encore une preuve que cette organisation « bourgeoise » qui correspond parfaitement à l’accueil par Louise de ses deux anciens officiers, doit être postérieure à la mort de Crussol.

 

- 5.2) Quelle est la part dans l’abandon de MAULNES du thème astral du 23 août 1574 ?

 

Ce thème astral du calendrier julien, [notre calendrier grégorien ne débute qu’en 1580] conservé à la bibliothèque municipale de Tonnerre est jugé par Marin de Charette, astrologue à Montpellier, extraordinairement « chargé »: ce jour de « calendrier Julien » présente une forte conjonction de facteurs négatifs: notamment « le soleil est au plus haut, à midi, la lune descendante avec un ascendant scorpion » A cette époque l’astrologie était une façon de raisonner l’avenir, pas seulement de le connaître et de le subir ! (Potié,p.63). Pour Charette, ce thème n’est pas lié à une démarche « d’élection »; c’est à dire que compte tenu des caractères du jour, c’est un contexte invraisemblable pour prendre une décision ! Mais si ce jour est si néfaste, pourquoi a-t-il été choisi ?

Il est remarquable qu’Antoine de Crussol meurt à Tonnerre entre le 13 et le 15 août 1573, alors que Louise est à Uzès… y est-il enterré dés le 23 août ? Cela a-t-il un sens d’établir un thème astral, un an après un événement qui s’est tenu ailleurs ? En revanche il est assuré que Louise est à MAULNES, cet été 1574.     Est-ce ce thème négatif qui la décide à renoncer à MAULNES ? Comme à la poursuite des négociations avec Catherine de Médicis, en vue d’obtenir le comté de Lauragais contre celui de Tonnerre ? Pourtant pour Charrette, cette carte astrologique ne semble pas avoir été établie pour prendre une décision concernant cette maison, ni non plus n’avoir été établie pour la Reine ! ?

Certaines anomalies inexplicables [défauts de symétrie dans les « notations angulaires »] pourraient laisser penser qu’il s’agit d’un « jeu », d’une démarche peu sérieuse, d’amateur… dont le témoignage pourtant a été consigné très proprement et conservé. Est-ce Louise qui s’est elle-même exercée ?

 

La traduction en cours de ce thème établi en latin peut-elle apporter des éléments de réponse ?

Maulne / Année dans le Christ 1574, du 23 jour du mois d’août, à l’endroit précis du  levant et du nadir suivant les mesures prises à l’astrolabe

1° L’altitude méridienne est établie à 50 degrés

2° Selon les Romains qui comptent leurs heures depuis le milieu de la nuit, jusqu’à 12 dans le jour. Selon les Babyloniens, qui depuis le lever du soleil à l’orient comptent les heures de 6 à 36. Selon les Tudesques et avant eux les Athéniens, comptent de 17 à 36. Selon les Arabes, et avant eux les Astrologues, qui définissent 24 heures égales entre le jour et la nuit aux équinoxes.

  ….   

 

- 5.3) Dans quelle mesure Israël Silvestre en 1650, témoigne-t-il encore de 1575 ?

 

- La gravure de MAULNES par Isräel Silvestre et François Colignon de 1650, a été reprise par Mérian en 1655. A partir du dossier Crussol, elles reproduisent le bâtiment construit avec diverses approximations dont toujours la même hypertrophie du logis face aux avant-corps qui, eux, présentent quelques différences; notamment on observe chez Mérian une composition « haute » des baies des avant-corps, différente de celle de Ducerceau… et pour le logis, Mérian présente clairement les baies existantes et à claire-voie de l’escalier. Le style de MAULNES gravé par Silvestre s’approche de celui du château contemporain d’Amboile (1578) ou Ormesson-sur-Marne gravée (1875) par Sauvageot(guideIdF,p.491). La petite porte latérale en bout de galerie est vraisemblablement le résultat de la lecture littérale du plan de Ducerceau, remontant au niveau3 l’arcade du pont dormant du niveau2 ?

- En revanche la galerie, présentant en façade Sud deux boulins carrés [trou réservé pour encastrement] en attente de passerelle(,p.), apparaît fermée au niveau supérieur [?] comme s’il y avait eu un changement de parti à la mort de Crussol, ce qui justifierait aussi la partition par pan de bois de la pièce centrale du niveau4… en conséquence se pose la question de la nature de la maçonnerie du bouchement de cette baie niveau4 du massif Nord ? Ce bouchement peut-il être immédiatement postérieur à 1573 ? Si oui, cela contribuerait à confirmer le contenu de cette dernière séquence de travaux « dans le temps du chantier »… avant les modifications des propriétaires et des siècles suivants !

- Laurence Carminati est convaincue que le pan de bois séparant les deux appartements situés au Nord du niveau4 est rapporté, non prévu au marché 1566(p.116) ! Tout à fait d’accord avec cette conviction appuyée sur l’argumentation suivante: Crussol disparu en 1573, la galerie noble inachevée… ce pan de bois ultérieur séparera deux appartements devenus traditionnels qui ne communiquaient même plus, sinon par leur « cabinet d’aisance » ? voilà la preuve en soit de son anachronisme dont il semble que personne jusqu’à maintenant n’ait tiré la conclusion qui s’impose! ? Cependant Jan Pieper affirme avoir vu les traces de passage(Pieper1999,p.50 & plan,p.23)Sa datation par analyse dendrochronologique a-t-elle été faite ?

- Sa dépose est souhaitable et apparaîtra d’autant justifiée que la baie axiale sera ouverte, faisant éclater l’inanité du petit volume en reliquat. C’est aussi une option muséographique beaucoup plus intéressante par la simplicité de circulation qu’elle offrira, et qui posera la question de la reconstitution ou de l’évocation virtuelle de la galerie ? Posons l’hypothèse que cette pièce centrale commune [que l’on peut qualifier de garde-robe, d’arrière-chambre, ou d’anti-chambre] cadre bien la relation exceptionnelle qui devait exister entre ces deux personnages Louise et Antoine ! Concluons en constatant comme il est paradoxal que ce soit au moment de la publication prestigieuse de Ducerceau, hissant MAULNES au rang des palais et châteaux royaux, que Louise de Clermont l’ait dévolu à une occupation bourgeoise, en y accueillant au moins deux de ses anciens officiers(Picard,p.60) après y avoir vraisemblablement commandé les travaux adéquats à cette nouvelle vocation, notamment par la séparation des appartements de l’étage noble.

 

- D’autre part Silvestre témoignerait également de l’état dans lequel Louise « abandonne MAULNES » à partir de 1575-76, compte tenu des analyses dendochronologiques qui évaluent les reprises de la structure du plafond des pièces principales à niveau4, effectuées en 1652 dans la chambre de l’Ouest; en 1659 dans celle de l’est, au duc; et dans la grande salle, achevée – semble-t-il – seulement en 1610, la reprise serait de 1672; tandis que le remplacement de la charpente des avant-corps [et de la galerie ou peut-être la démolition de toute la galerie ?] s’est effectué entre 1664 et 1674; le bain comblé en 1655; donc toutes opérations postérieures à 1650, date qui marque une nouvelle occupation de MAULNES par le second fils de Charles-Henri de Clermont, Roger de Cruzy qui engagea ces travaux; intérêt conforté chez Silvestre par le démantèlement simultané, du fait de Richelieu, d’un berceau des Clermont en Dauphiné, le château de Chirens prés de Voiron/Grenoble, dont le donjon du XIII ème siècle est déjà curieusement sur plan pentagonal, mais pentagone irrégulier!(wikipedia,Clermont-Tonnerre)

Donc les gravures de Silvestre et Mérian participent de l’interrogation sur l’évolution de MAULNES entre 1573 et 1575. Ce qui revient à porter l’hypothèse dont il n’a pas été question jusqu’à maintenant que la lanterne sur terrasse et les cheminées-obélisques pourraient n’avoir jamais existé et que le « reportage » de Silvestre pourrait rendre compte de l’achèvement du chantier de MAULNES en 1575-76 par Louise de Clermont-Tallart veuve qui d’après les archives, n’y reviendrait plus.

 

2)Gravures [Silvestre/Merian] en 1650-1655 / 1)Déboisement et reliquats des talus et clairière 1787/1831

Maulnes-10-1573-1575.jpgMaulnes-11-1575-1655.jpg


























- Enfin si en conséquence de cette représentation de Silvestre, on considère « les importantes levées de terre entourant le jardin »
(Picard,p.82) comme la mémoire après 75 ans, de la double enceinte et du talus extérieur dressé pour la protéger, on reconnaît de fait l’existence d’une grande partie, sinon de la totalité de ces ouvrages en 1575, en cohérence avec les informations données au Nord par les documents beaucoup plus tardifs de 1787 et de 1831 examinés ci-après, et en complément des découvertes archéologiques à l’angle Sud-est, sachant tout ce coté remodelé depuis longtemps par le tracé du chemin de Cruzy-Le-Chatel apparent au plan de la verrerie de 1831, dont la pratique et le tassement ont entraîné des glissements de terrain de part et d’autre; et constatant que la moitié Sud-Ouest a été remodelée plus récemment par un chemin rural aujourd’hui intégré au périmètre de la propriété du Conseil Général de l’Yonne(cf.relevés contemporains,Supra,p.35).

 

- 5.4) Dans quelle mesure les cartes de la forêt de 1787 et de la verrerie de 1831 témoignent-elles encore de 1575 ?

 

Il existe sur ces cartes des limites parcellaires en partie Nord qui par leurs tracés à angles aigus évoquent absolument ceux des forts de 1573; tracés dont il n’a pas été question jusqu’à maintenant. Compte tenu des imprécisions d’échelle, les relevés de la diagonale de ces tracés depuis le centre du logis sont estimés sur la carte de 1787 à 214 m. avec une limite intermédiaire à 125 m.; sur la carte « cadastrale » de 1831, relativement plus précise, cette même diagonale est estimée à 220 m. [limite qui témoignerait du tracé de la clairière] avec une limite intermédiaire à 158 m. qui serait le tracé-témoin de la base du talus fortifié ? Cette demi-diagonale de 158 m. tracée depuis le centre du puits et du logis, détermine une emprise de 270 x 170 m. - talus compris pour une largeur de 20 m. - à quoi il faut ajouter le dégagement qui dessine la clairière sur la base d’un rectangle dont la demi-diagonale mesure donc 220 m.  Cette largeur de 20 m. de talus périphérique est obtenue par soustraction des mesures de l’enceinte extérieure de MAULNES (230 x 130 m.) de l’emprise des talus (270 x 170 m.). En outre on voit que de 1787 à 1831, sur 44 ans, cette clairière n’a pas beaucoup évolué, à contrario des tracés apparents sur la photographie aérienne des déboisements successifs plus contemporains[Infra,p.33]

 

- De cette hypothèse d’une largueur de talus de 20 m. les historiens des fortifications peuvent-ils déduire sa pente et la hauteur du mur-appui d’enceinte extérieure ?

 

- En revanche il apparaît sur ces deux plans un déportement vers le Nord, du chemin d’Arthenay qui prolonge [?] l’axe de composition de MAULNES, le situant aux ¾ Ouest des tracés de ces limites Nord, et non dans leur axe. Quoi penser ? sinon que ces déportements rachètent l’imprécision de ces relevés, face à l’impératif de l’aiguille aimantée ! impératif également très relatif comme on l’a vu(Picard,p.15&Errata). Ducerceau a pu aussi idéaliser l’environnement plus ou moins immédiat de MAULNES ?!

 

Chemin vers Cruzy-Le-Chatel [1675 après démolition de la galerie] qui a entraîné des tassements de terrain

Maulnes-13-1675-1999.jpg





























- 5.5) Dans quelle mesure les relevés contemporains témoignent-ils encore de 1575 ?

 

- Suivant certains auteurs, le relevé archéologique présenterait peut-être, un léger infléchissement du jardin vers le Sud-Ouest pour s’adapter à la pente (Picard,p.88,92) ou encore témoignerait d’un certain désaxement d’éléments de fortifications les plus éloignés (Picard,p.). Infléchissement et désaxement sont curieux, même iconoclastes; c’est à dire en violation des principes de composition, qu’on peut estimer d’autant plus rigoureuse que située en terrain vierge. Alors en un peu plus de 400 ans, un glissement de terrain ne peut-il s’être produit compte tenu de sa nature argileuse ? [Infra,p.34]. En effet sur la déclivité Sud du terrain naturel, les remblais de l’esplanade et des bastions ont été rapportés sur la couche étanche argileuse qui affleure, à l’interruption du karst noyé qui crée les sources. 
Ensuite ces remblais ont été tassés par le chemin de Cruzy-
Le-Chatel remontant du coté est, dans l’enceinte, pour passer par le vestibule central des avant-corps – la galerie déjà disparue - et rejoindre le réseau viaire qui s’organise au Nord vers Villon, Arthenay et Panfol suivant le schéma général des « lignes » ouvertes dans la forêt par Crussol. Ces glissements apparaissent clairement par transparence du relevé archéologique sur le plan Ducerceau, ceux-ci à leur tour reportés sur le relevé des courbes de niveau actuelles [Infra,p.34].  D’autre part la pratique agricole - post verrerie - a aussi de toute évidence sérieusement modifié le relief: notamment par le chemin rural qui traverse l’emprise en diagonale depuis le Nord-est puis arase au Sud-Ouest le périmètre de l’enceinte en le sectionnant carrément pour passer de l’angle aigu des forts à un virage plus négociable en angle obtus ? Les analyses de résistivité électrique illustrent en bleu très foncé le tassement de ces chemins ruraux et la conséquence de ces tassements, à savoir le déplacement apparent des reliquats de maçonnerie, processus - dont il n’a pas été question jusqu’à maintenant – résultat mis sur le compte d’un prétendu désaxement de la composition ! ?

 

- Il paraît curieux et regrettable que cette analyse, comme le relevé topographique de 1998 n’aient pas couvert l’emprise générale supposée, y compris l’emprise du talus périphérique et de son dégagement; oui, regrettable qu’analyse et relevé aient été strictement cantonnés aux limites actuelles de propriété qui sont rétrécies par rapport à l’enceinte et qui, elles sans conteste, présentent un certain désaxement par rapport à l’axe de composition de MAULNES ! D’autre part la superposition de la prospection géophysique n’est-elle pas aussi - ou plus - informative sur la réalité du relevé topographique que sur la fiction du plan Ducerceau ?

Fiction avérée du fait que le périmètre d’acquisition semblait intégrer, suivant le plan Ducerceau, la totalité du périmètre construit de la première enceinte en tangentant au Nord la clôture de la cour d’honneur. Cela s’est avéré faux parce qu’en réalité les avant-corps et la galerie sont plus éloignés du logis; en conséquence, l’exèdre Nord de la cour d’honneur et le bastion Nord-Ouest de la première enceinte se trouvent également hors périmètre acquis. Le relevé topographique aurait donc été effectué après le tracé du périmètre d’acquisition dont les critères décisionnels n’apparaissent pas à l’examen des pièces existantes, sinon la confiance mise en Ducerceau.

 

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