Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!
Eoliennes auboises suite et fin ?
Voici l’arrêté du Préfet de l’Aube rejetant la demande de permis de construire concernant les éoliennes prévues sur la commune de Pargues. Un arrêté identique rejette également la demande concernant les éoliennes prévues sur Praslin. En complément d’information concernant ce dossier, un article paru ce jour sur le blog auboisementcorrect.com.
(Source documentation - Gérard HENRY -)
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REFUS D’UN
PERMIS DE CONSTRUIRE
PREFECTURE de l AUBE
PRONONCE PAR LE PREFET AU NOM DE L’ETAT
DESCRIPTION DE LA DEMANDE D’AUTORISATION référence dossier :
Déposée le 22/06/2007 Complétée le N° PC01027807F1002
Par : M. le Directeur ELSAM
Demeurant à : ELSAM FRANCE SASC/O ALAC ETOILE3 rue du Colonel Moll
75017 PARIS
Représenté par : M. Jacques FEER
Pour : Construction de 4 éoliennes et 1 poste de transformation
Sur un terrain sis : Lieudit "Les Essarts", Les Deux Journaux", "Près le Moulin", "Le Fouchis"
PARGUES
Le Préfet de l'Aube Chevalier de l'Ordre National du Mérite :
Vu la demande de permis de construire susvisée,
Vu le Code de l’Urbanisme,
Vu l’avis du maire en date 22/06/2007,
Vu l’avis chef de groupe maîtrise d’ouvrage service réseaux de EDF en date du 27/07/2007,
Vu l’avis du responsable ingénierie mobiles de France Télécom en date du 27/07/2007,
Vu l’avis du directeur départemental des affaires sanitaires et sociales en date 30/07/2007,
Vu l’avis du cadre d’exploitation de GRTgaz en date du 02/08/2007,
Vu l’avis de l’adjoint service technique de RTE en date du 03/08/2007,
Vu l’avis du délégué départemental pour Météo-France en date du 03/08/2007,
Vu l’avis du chef de la division régulation aéroportuaire de la direction de l’aviation civile nord-est en date du 06/08/2007,
Vu l’avis de la directrice régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement en date du 10/08/2007,
Vu l’avis du directeur régional des affaires culturelles en date du 30/08/2007,
Vu l’avis du responsable parc de sites de TDF en date du 31/08/2007,
Vu l’avis du chef du service départemental de l’architecture et du patrimoine en date du 13/09/2007,
Vu l’avis du commandant de la région aérienne nord de l’armée de l’air en date du 05/10/2007,
Vu l’avis du directeur régional de l’environnement en date du 26/12/2007,
Vu l’avis de la commission départementale nature paysages et sites en date du 01/02/2008,
Vu l’enquête publique prescrite par arrêté préfectoral n°07-4445 du 03/12/2007 et réalisée du 14/01/2008 au 14/02/2008,
Vu l’avis du commissaire enquêteur en date du 11/03/2008,
Vu l’avis du directeur départemental de l’équipement et de l’agriculture en date du 15/05/2008,
CONSIDÉRANT que l’article R. 111-21 du code de l’urbanisme qui dispose que le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ;
CONSIDÉRANT que le projet de construction de quatre éoliennes d’une hauteur de 145 mètres, soit 100 mètres pour le mât et 45 mètres de rayon pour les pales se situe sur la crête la plus proche des zones habitées et domine directement le bourg ;
CONSIDÉRANT que l’Église de Pargues située à un kilomètre du projet éolien est classée monument historique et se distingue par l’originalité de son somptueux choeur composé d’une vaste coupole portée par quatre piles et cantonnée de quatre demi-coupoles bien visibles à l’extérieur formant une abside ;
CONSIDÉRANT que la différence d’échelle entre les éoliennes en position haute et le village situé dans le vallon en position basse est de nature à produire un effet visuel d’écrasement de ce bâti traditionnel ;
CONSIDÉRANT que le projet est de nature à engendrer une concurrence visuelle entre les édifices patrimoniaux de Pargues et les éoliennes situées en position dominante, essentiellement depuis la route départementale 17 ;
CONSIDÉRANT que l’apparition brutale et dominante d’éléments industriels de grandes dimensions porte un très grave préjudice au paysage local qui, pour des raisons architecturales et environnementales, offre un attrait patrimonial collectif de qualité ;
Sur proposition du secrétaire général de la Préfecture ;
A R R E T E
ARTICLE 1 : Le permis de construire est REFUSE.
ARTICLE 2 : Le secrétaire général de la préfecture, le directeur départemental de l'équipement et de l'agriculture, et le maire, sont chargés chacun en ce qui le concerne de l'exécution du présent arrêté dont un exemplaire sera adressé au pétitionnaire à titre de notification.
TROYES le
Le PREFET
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par Georges Amon, le 4 juin 2008 (blog auboisementcorrect.com )
Le
déploiement éolien dans le sud du département est à l’arrêt. Vents mollissants sud, sud-ouest pour le chaourçois et le tonnerrois, dirait la météo marine. Plusieurs raisons à celà. La première
est que les projets poussés par des opérateurs ( et des maires) pressés de profiter du kilowatt-heure surpayé , sont plaqués sur des sites sans tenir compte de leur spécificité et de leurs autres
potentialités de développement. En avril un arrêté préfectoral de l’Yonne invalidait le projet de ZDE à l’étude sur les communes de Rugny, Mélisey, Villon et quelques autres, pour protéger les
paysages emblématiques d’exception du Haut Tonnerrois .
Aujourd’hui c’est la
Préfecture de l’Aube qui vient de mettre un terme à un autre projet éolien sur les finages de Pargues et de Praslin en refusant le permis de construire demandé par la
société danoise Elsam. Voir les articles précédents ici et ici. Six machines de 150 mètres, surplombant l’église classée et son village, nichés au creux du
vallon. Une aubaine financière pour quelques uns. Une hérésie pour de nombreux habitants – autochnones et « étrangers » propriétaires de résidences secondaires – réunis autour de
l’Association pour la Sauvegarde et le
Développement du Patrimoine de Pargues et de ses Environs. Très mobilisés depuis un an, ils ont planché pour tout savoir de l’éolien et de ses rouages techniques et financiers. Et ils
n’ont pas été les seuls à trouver ce projet incohérent et déplacé. La DIREN a rendu un rapport défavorable. La Commission des sites de l’Aube a fait de même.
Pendant quatre demi-journées cet hiver, les pour et les contre ont défilé en mairie pour consigner leurs arguments dans le registre de l’enquête publique. Des arguments plus ou moins consistants allant du « je suis pour parce que ça va rapporter de l’argent à la commune » à l’épais dossier démontant le projet point par point. Pendant quatre demi-journées, m’a-t-on raconté, le commissaire a enquêté et la présidente de l’association a veillé à ce que tout se déroule dans les règles. Elle a ainsi pu relever les ultimes incohérences du dossier « Mr le Commissaire, je ne comprend pas bien ce passage : il est question d’éoliennes « implantées de part et d’autre de l’autoroute ! » (sic). Une erreur due à un copier-collé d’un autre projet, malencontreusement oublié...
Après avoir écouté et lu, le commissaire Kister a pesé, soupesé et tranché. Son rapport a conclu lui aussi à un projet inadapté au site choisi. Et l’opérateur lui-même, spécialiste des fermes off shore de 100 éoliennes, semblant ne plus se soucier du sort des six machines auboises, la préfecture n’a plus eu qu’à suivre ces avis négatifs et refuser le permis de construire. L’avis devrait être affiché en mairie, bientôt. A Pargues et Praslin, les habitants respirent et les rosiers fêtent l’évènement à leur manière. Champagne !