Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!

Publicité

voleur de poules!

 

              "Rugny en 1527, le villageois et son seigneur."

 

Peu de documents subsistent pour décrir la vie  et les comportements au quotidien de nos ancêtres. Par chance voici un fait divers qui secoua un petit village nommé Rugny au début du XVI siècle. Notre Rugny bien sur! Cela  grâce à une lettre de rémission conservée dans les archives de la chancellerie royale.

Le principal acteur, bénéficiaire du pardon de François Ier, est Pierre Monthileby, écuyer, seigneur de Gland, homme d'armes de la compagnie de François de Montmorency lequel était pour lors seigneur de Thorey, Rugny, Villon, Mélisey et Chamelard au comté de Tonnerre, biens hérités de sa mère Anne Pot issue d'une illustre maison de Bourgogne. Pierre Monthileby avait pour beau père,  Jacques Piquet, lui aussi qualifié d'écuyer et qui avait la charge, à Rugny, de soigner les oiseaux (faucons et autres rapaces utilisés pour la chasse au vol) du seigneur Francois de Montmorency.

Un jour de novembre 1527, Monthileby vint à remplacer son beau père dans cette mission et, envoyant son page " en la maison du comte (=seigneuriale) du dit Rugny",celui-ci ne trouva que deux poules pour nourrir les oiseaux; force était donc de s'en procurer auprès des villageois; or, en vertu d'un accord sur les droits seigneuriaux, "tous les sujets du seigneurs qui lui seraient redevables en aucunes poules seraient quittes pour chacune d'icelles pour douze deniers tournois moyennant que, par réciproque, quand lui ou aucuns de ses serviteurs en auraient affaire pour repaître ses oiseaux de proie, seraient quittes en les prenant pour pareille somme de douze deniers".

Monthileby envoie donc son page muni de "deux grands blancs" (=un grand blanc valaient treize deniers appelé aussi treizains) chez un villageois appelé François Ménétrier avec lequel il entretenait jusqu'alors des rapports de bon voisinage: il arrivait à Ménétrier de prêter à Monthileby ses vans et ses fourches (l'écuyer cultivait donc sa terre comme tout laboureur du lieu); or, voici que Ménétrier refusa, ajoutant, par sarcasme, "qu'il aimerait mieux vendre un cheval qu'une poule".

Etonné de la nouvelle que lui rapporte son page, Monthileby se présente lui même chez Ménétrier, lequel s'est caché pour ne pas le recevoir; l'écuyer s'adresse donc à la bru du villageois, Jehannette, précisant que "ce n'était par pour son manger et qu'il était vendredi" mais pour les oiseaux de son maître qu'il réclamait ces poules, puis il se tourne vers le mari de Jehannette; devant leur refus à tous deux, il dit à son page de rechercher les poules (qui avaient été cachées!) et en emporte deux tout en présentant les deux grands blancs à Jehannette qui les jette à terre avec force injures à l'encontre de Monthileby "le donnant au diable et le maudissant de la male bosse qui peut couper la gorge".

Rentré chez lui, Monthileby se met en devoir d'écorcher et d'appareiller les poules quand surgissent Jehannette et François Ménétrier. Celui-ci brandit un "baton ou fouche fière". Il se répand en reproches contre l'écuyer "en le tutoyant et parlant par toi" alors Monthileby dégaine son épée, les deux protagonistes "s'accouplèrent ensemble et s'entreprirent par le collet". Monthileby sort alors courte dague et frappe son adversaire à la jambe pour se dégager, dit-il , d'autant qu'une soeur de Ménétrier, venue en renfort s'était jetée dans la mêlée... Ménétrier meurt des suites de sa blessure " par faute de bon appareil, gouvernement ou autre". Alors Monthileby "doutant de rigueur de justice" se serait "absenté du pays"...

Sans doute François de Montmorency s'entremit-il: dès le27 décembre de la même année, son homme d'armes obtient facilement la grâce du Roi moyennant quatre vendredis consécutifs de pénitence, prisonnier au pain et à l'eau... "

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article