Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!
Depuis que l'homme vit en compagnie du cheval, le maréchal-ferrant a exercé son art. Il a été présent dans chaque ville et dans chaque village. Sachant qu'il ferrait les chevaux, mais aussi les ânes et les boeufs de trait et que chaque village en comptait plusieurs centaines, on imagine que le métier était très developpé, essentiellement dans les régions de grandes cultures, mais aussi, plus tard, dans les villes avec l'avènement des diligences.
Histoire:
C'était une corporation qui ne pouvait manquer d'avoir une grande importance, aux temps où il n'y avait guère d'autres moyens de transport que le cheval ou la voiture attelée de chevaux, et
cependant l'art que les maréchaux-ferrants pratiquent n'est pas très ancien : les peuples de l'Antiquité ne le connaissaient pas ; il semble bien que cet art ait été inventé par les
Germains et qu'il ait été introduit en Gaule et en Italie, lors des invasions barbares, par conséquent vers le IVe ou le Ve siècle.
Les maréchaux-ferrants au XIIIe siècle formaient une seule corporation avec les greffiers, qui fabriquaient probablement les fermetures de fer, telles que ces belles ferrures qui ornent les portes de la cathédrale de Paris, les heaumiers, fabricants de casques, qui se confondirent plus tard avec les armuriers, les vrilliers, qui faisaient les vrilles, et les maréchaux grossiers, ou maîtres des oeuvres noires, qui forgeaient les socs, les coutres, les fourches, les houes, ou les hoyaux.
Un travail précis:
Le premier travail est d'enlever l'ancien fer. Pour cela le maréchal-ferrant utilise les tricoises, sortes de tenailles à long manche. Ensuite l'excédent de corne est enlevé avec le boutoir et
le "rogne-pied", outils formés d'une lame, en s'aidant de la mailloche qui est le mateau typique du maréchal-ferrand (aussi appelé brochoir ou marteau à ferrer). Pour terminer le parage du
sabot, le dessous est nettoyé avec la rainette et les côtés limés avec la rape. Pendant ce temps, le fer chauffait dans la forge ; il était à la bonne température lorsqu'il devenait d'un
rouge soutenu. Le maréchal-ferrant l'ajuste alors sur le sabot, opération caractérisée par l'odeur de la corne brûlée. Les pointes des clous sont ensuite coupées et la partie restante replié
dans le sabot. Un dernier coup de rape pour la finition... Il fallait compter environ 20 minutes par fer. Quant l'ouvrage est terminé, le maréchal-ferrant regarde toujours le cheval partir pour
s'assurer que le travail est correct.
De nos jours:
Les chevaux ne font plus guère partie du paysage agricole et le maréchal-ferrant du village a disparu.
Par contre, le développement de l'équitation de loisirs et de sport a provoqué un sursaut de la profession. Aujourd'hui, il y a plus de mille maréchaux en France et un diplôme est maintenant nécessaire pour s'installer dans le métier (Eh oui ! les temps changent ! avant c'était de père en fils.).