Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!
Aux urnes, citoyens…
Si, au temps de la révolution, on supprima des inégalités –pour en créer d’autres-, il faut bien dire qu’avec l’instauration des mœurs républicaines nos aïeux ne savaient pas où ils se mettaient les pieds. En effet, le Républicain perdrait son âme si sa religion nouvelle ne le conviait à un rit immuable, que dis-je, à sa grand messe : les élections !
Et c’est là, que pour certains commencent les ennuis, et pour d’autres la franche rigolade… Rugny, bien sûr, n’y échappera pas !
1) Candidature multiple
Nous sommes le 10 septembre 1848. Six communes sont regroupées à Rugny pour former une unique section de vote :
Rugny 157 NOMS
Mélisey 227 //
Quincerot 117 //
Trichey 75 //
Villon 184 //
Thorey 87 //
Soit 847 inscrits.
Car on vote ce jour là pour désigner un représentant à l’Assemblée Nationale pour le département de l Yonne, où M Louis BONAPARTE a déposé sa candidature (Ainsi que dans d’autres départements !...)
Il n’y eut que 335 votants, 222 suffrages allèrent à M Louis Napoléon (BONAPARTE disparaissait… on était prudent à Rugny !)
Il y eut quand même quatre royalistes qui votèrent pour Henri V ! Si l’urne n’avait pas fait recette, gageons que le café s’en était mieux sorti…
2) Rebelote
Ayant été élu le 1à septembre 1848 ; Louis Napoléon ne pouvait pas représenter tous les départements à la fois… Il opta pour un, et ce ne fut pas pour le département de l Yonne. Il fallut donc recommencer à voter. Le nouveau scrutin fut fixé au 26 Novembre 1848. Lassés sans doute par ces consultations rapprochées il n y eut que 134 votants sur les 854 de la section. Jérôme, frère de Napoléon 1er obtint 14 voix, nettement mieux que le Général Bonaparte qui n’en récolta que 8 ! A cette époque, l’instituteur, M Million, était secrétaire de séance. Savez-vous comment il se prénommait ? Pierre-Napoléon, tout un programme !
3) C’est oui ou c’est non !?!
Dans cette marche à la gloire-vous devinez de qui – nous arrivons maintenant au point final. En effet, son Altesse Impériale le Président de la République (il est monté en grade), demande aux citoyens de se prononcer par plébiscite sur le rétablissement de l’Empire…
Et on recommença le 21 novembre 1852, toujours sous l œil attentif du secrétaire Pierre Napoléon MILLON ! Par suite de l importance du scrutin sur l avenir de la Nation on n’avait pas lésiné sur les moyens : c’est ainsi que le scrutin devait durer deux jours ! La section de vote avait disparu. Pourquoi ? Mystère ! Nos villageois furent donc laissés à leur solitude…
La suite dans un prochain article.