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Découverte virtuelle de notre charmant petit village situé aux frontières de l'Yonne, l'Aube et la Côte d'Or. Rugny en images et en textes mais aussi ses environs proches. De l'Abbaye de Quincy au Château de Maulnes un grand bol d'air pure!

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Au rendez-vous des tacottes...

 

Au rendez-vous des tacottes...

A cette époque les inventeurs à l'esprit fertile n'avaient pas encore sévi et les machines de tous genres n'étaient pas sorties de leur imagination. Personne ne pensait alors qu'au 3eme millénaire ces inventeurs, à leur tour, auraient bien besoin d'être lessivés... Or donc, depuis des siècles, les filles lavaient le linge de la maison, comme leur mère le faisait, et même pas mal du tout...Il fallait s'y prendre de loin, car torchons, draps et chemises s'empilaient et leur nombre rendait l'opération plus difficile, d'autant plus que la toile de chanvre n'était pas précisement du synthétique...

La lessive, c'était une opération qui comptait! Son déroulement? Voyez plutôt...

Il fallait obligatoirement un cuveau en bois monté sur un trepied et un grand récipient, très souvent le fourneau qui servait en temps normal à faire cuire les pommes de terre au cochon. Le linge, quelques fois trempé, était empilé dans le cuveau lequel pouvait être muni d'une cannelle.On faisait alors bouillir une grande quantité d'eau et un sac rempli de cendre de bois, dans le fourneau, pour obtenir un liquide brûnatre ''le léchu,'' que l'on versait, bouillant, sur le linge. Cette opération était répétée maintes fois durant des heures, ''le léchu'', récupéré, reversé dans le fourneau, et ainsi de suite...Long et contraignant, ce travail, vous l'avez compris, ne se répétait pas souvent. On conservait même ''le léchu'' d'une lessive à l'autre, les cendres ayant fait office de poudre à laver. Et vous pensez bien que les jours de lessive, il ne fallait pas embêter la patronne...

Ensuite il fallait descendre le linge à la fontaine pour procéder au lavage. C'était très souvent le travail de la mère Carré, "la Carré" comme on l'appelait familièrement. Elle entassait une partie du linge dans une bassine qui prenait place dans sa hotte, le reste sur la brouette familiale et... direction la Fontaine. Et là, à genoux dans son carrosse plein de paille, elle officiait souverainement, tournant, retournant aplatissant et tapant son linge avec sa tacotte pour obtenir un lavage et un rinçage parfaits.

Combien de familles ont eu recours à vous, brave Carée? Votre endurance et vos mains usées par le travail valaient bien ce petit clin d'oeil au passé! Après un tel traitement de choc, les draps, tordus pas des mains solides, pour un essorage rapide, étaient étendus sur les haies alentour, le soleil assurant le blanchissage. Ensuite, à l'heure de midi, c'était très souvent l'homme de la maison qui remontait la brouette, car si la pente n'a pas changé, la route, elle n'était pas goudronnée."La Carrée", elle, se chargeait de la hotte. Un solide repas l'attendais alors, le maniement de la tacotte valait bien ça. C'était aussi le moment de se remémorer les faits et gestes de la matinée.

 

Car si le lavoir était particulièrement le domaine de la mère Carré, il l'était  également pour bien d'autres manieuses de tacottes, transformé rapidement en bien privilégié de débats haut en couleur où les histoires du village prenaient une dimension aussi curieuse que pittoresque... C'était même l'endroit rêvé pour certains garnements du pays qui profitaient des circonstances pour affûter quelques tours pendables dont les laveuses étaient les cibles toutes trouvées...

Ah! Si les murs du lavoir pouvaient raconter toutes ces histoires!

 

 

M. COURTAUX

 

Rugny le 01/01/02

 


 

Le lavoir de Rugny (Photo GF)

 

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